L'école en langue régionale Bernard Gorce - La Croix - 26.08.05 Triple rejet de l'amendement pour la Charte des Langues Minoritaires 26.01.05 Situation de l'enseignement de l'occitan dans le Service public de l'Éducation Nationale Philippe Martel, Président FELCO - 3.02.05 Transcript des débats à l'Assemblée Nationale concernant l'article 2 de la Constitution ABP 26.01.05 Loi d'orientation sur l’École - 14 propositions de François Fillon 18.11.04 Le projet Fillon oriente l'école vers l'Europe et l'entreprise LE MONDE | 12.01.05 Réactions concernant les Langues de France http://www.loi.ecole.gouv.fr 2004 Le breton et le gallo reconnus comme "langues de la Bretagne" A.F.P. - 17.12.05 Fédération APA Escola 15.01.05 A participé le samedi 15 janvier à Paris à l’assemblée générale du Comité français du Bureau Européen pour les langues les moins répandues. Assemblée Nationale - Cpte-rendu analytique officiel (format PDF) CONDITIONS D'ENSEIGNEMENT DES LANGUES RÉGIONALES 4.02.03 COMMUNIQUÉ DE LA FLAREP 16/12/02 - RENDEZ-VOUS MINISTÈRE LA PRESSE, APRÈS L'ANNULATION DU CONSEIL D'ÉTAT DU 29/11/02 • FRANCE-OUEST • LE MONDE Motion votée à l'unanimité de l'Assemblée Générale de la Felco 30.11.02 Fédération des Enseignants de Langue et Culture d'oc. LA FSU N’ACCEPTE PAS LA REMISE EN CAUSE DES CLASSES ET SECTIONS BILINGUES DU SERVICE PUBLIC 30.11.02 ANDREW LINCOLN COMMUNIQUE Ancien président de Diwan (1997-2002) - 30.11.02 LE CONSEIL D’ETAT ET LES LANGUES REGIONALES : UNE DECISION DOUBLEMENT REACTIONNAIRE. ACTUALITÉ : Le Conseil d'État annule… Le Conseil d'Etat annule pour méconnaissance de la loi les arrêtés et circulaires mettant en place un enseignement bilingue par "immersion" en langues régionales et un enseignement bilingue "à parité horaire" dispensé pour moitié en langue régionale et pour moitié en français. Visualiser la décision 248192 Visualiser le communiqué Visualiser la décision 238653 Création d'un Concours de Recrutement des Professeurs des Écoles 18.09.01 SPÉCIAL LANGUES RÉGIONALES Langues minoritaires: quel avenir ? Dernières Nouvelles d'Alsace | 26.08.01 Décret no 2001-733 du 31 juillet 2001 portant création d'un conseil académique des langues régionales ÉDUCATION NATIONALE | 31.07.01 Bungert : les parents mécontents Dernières Nouvelles d'Alsace | 30.06.01 L'ensemble des délégués de parents d'élèves de l'école du Bungert de Thann ont écrit au député-maire Jean-Pierre Baeumler. Le PS appuie son projet pour 2002 sur une "nouvelle ambition démocratique" LE MONDE | 1/2.07.01 ... Sur la démocratie locale, des amendements portent sur le statut de l'élu, le cumul des mandats, la défense du canton, la promotion des langues régionales, sans conduire à "un bilinguisme obligatoire" récusé par les fédérations de l'Allier et du Val d'Oise.... Le RPR et le PS préparent la campagne de leurs candidats pour 2002 LE MONDE | 3.07.01 ... M. Emmanuelli a fait intégrer dans le texte que l'accès à Internet relève d'un "mission de service public", mais il souhaite que les militants du PS précisent que l'enseignement des langues régionales ne saurait se substituer à celui de la langue nationale. Alsace - Une voie bilingue spécifique à Guebwiller Dernières Nouvelles d'Alsace | 4.07.01 Le Centre de formation aux enseignements bilingues de Guebwiller ouvrira ses portes à la rentrée.(Photo DNA) Entretien avec Louis Michel, ministre belge des affaires étrangères LE MONDE | 20.07.01 Résumé : Le ministre belge des affaires étrangères, Louis Michel, qui préside le conseil des ministres européens jusqu'au 31 décembre, estime, dans un entretien au Monde, que "l'Europe n'est pas la seule à souffrir de cette crise du politique qui touche, individuellement, tous les gouvernements européens". La France condamnée pour avoir interdit un livre basque Reuters Résumé : Une association culturelle basque, dont une publication avait été interdite pendant neuf ans, a obtenu la condamnation de la France devant la Cour européenne des droits de l'homme, pourviolation de la liberté d'expression.La France devra verser 250.000 francs à l'association basque française Ekin. Les retrouvailles des cousins de Flandre si longtemps séparés LE MONDE | 23.07.01 Résumé : Entre Lille et Dunkerque, la frontière a toujours été poreuse. Mais, depuis quelques années, les Flamands de France affichent leur identité et tendent des passerelles vers leurs voisins belges. Manière aussi de vivre concrètement l'Europe. Téléchargez la pétition pour l'année européenne des langues et faites-la circuler. Il faut 20 000 signatures en France ! ! ! Entrevue entre les représentants de la FLAREP et J. Lang, ministre de l’Éducation Nationale. Résumé : Concernant l’organisation de l’enseignement bilingue à parité horaire le ministre a précisé les modalités de mise en place, les objectifs généraux et les objectifs linguistiques autour d’une trilogie :... Enseignement bilingue. Une manifestation à Quimper le 24 mars LE TELEGRAMME DE BREST 22/02/2001 "Assez de promesses, nous voulons des actes". Pour protester contre les lenteurs du gouvernement en matière d'adaptation des structures à l'enseignement en breton, quatre associations (L'Union des enseignants en breton, Diwan, les parents d'élèves du public -Div Yezh, et du privé -Dihun) organisent une manifestation le 24 mars prochain à Quimper. Objectif précis, obtenir comme promis l'organisation de concours spécifiques destinés aux enseignants bilingues de l'école publique, ce qui permettrait de multiplier le nombre d'enseignants bretonnants. Avec plus de 6.000 élèves et des effectifs doublés en quatre ans, les écoles bilingues demandent une cinquantaine de nouveaux titulaires chaque année. LE BRETON A L’ECOLE ASSEZ DE PROMESSES : DES ACTES ! Juin 1999 : le Conseil Constitutionnel bloque la ratification de la Charte Européenne des Langues Régionales ou Minoritaires, tout en reconnaissant la possibilité de mettre en oeuvre, dans le cadre des lois actuelles, les dispositions de cette Charte que la France avait signées. Jacques CHIRAC refuse d'engager la modification constitutionnelle nécessaire à l'alignement de la France sur le Droit international. Lionel JOSPIN s'engage à mettre en oeuvre les dispositions signées par son gouvernement. AUJOURD’HUI, OU EN SOMMES-NOUS ? Une croissance annuelle de 15 à 20%, soit 6500 élèves dans les filières breton-français (Diwan, Education Nationale, enseignement catholique), mais l’enseignement bilingue reste inaccessible pour de nombreuses familles par absence de plan de développement. Exemples d’incohérence : • l'IUFM de Bretagne et le CFP catholique n'auront formé chacun qu'un seul nouvel enseignant bilingue titulaire cette année, alors que les besoins sont de 50 nouveaux titulaires environ. Résultat : refus d'ouvertures ou embauche d'enseignants au statut précaire. La création du concours spécial de recrutement de professeurs des écoles bilingues, promise depuis juin 2000 ne cesse d'être repoussée au point qu'il n'y a aujourd'hui aucune assurance de sa mise en oeuvre en 2002 ! • La volonté de Diwan d'accéder à un statut public est toujours dans l’attente de propositions précises et cohérentes de la part de l'Education Nationale, • Le Conseil Régional demande une convention additionnelle au contrat de plan Etat-Région pour le développement du bilinguisme en Bretagne. Mais rien de concret ne s’est engagé jusqu’à maintenant entre l’Etat et la Région. AUJOURD’HUI LES DECLARATIONS EN FAVEUR DE L’ENSEIGNEMENT DU BRETON SONT NOMBREUSES MAIS MAINTENANT NOUS ATTENDONS DES ACTES • Un statut public sans attendre pour les écoles Diwan, • Un plan de développement du bilinguisme en Bretagne, • Un concours de recrutement d'enseignants bilingues dès 2002 MANIFESTATION, le SAMEDI 24 MARS à QUIMPER 15 heures devant la Préfecture. DIHUN, DIVYEZH, DIWAN, UNVANIEZH ar GELENNERIEN BREZHONEG Causerie béarnaise : apprendre l’occitan Dans le cadre de leurs activités de promotion de la langue d’oc en Béarn, « l’Ostau Bearnés », « le Centre de Formation Professionnelle en Occitan » et « la Civada » organisent, chaque dernier jeudi du mois, à 18.00, des « Causeries béarnaises ». Ces rencontres sont des moments conviviaux de découverte et d'échange sur notre langue et notre culture. Ces causeries sont bien entendu ouvertes et accessibles à toutes et à tous. La causerie du jeudi 29 mars aura pour thème l’enseignement de l’occitan : pourquoi, comment et où apprendre l’occitan ? Différents intervenants (écoliers, étudiants, professeurs) de divers lieux d’enseignements (primaires, collèges, lycées, université, calandreta, cours du soir…) nous expliqueront pourquoi ils ont fait le choix de l’occitan dans leurs études, leurs professions… . Ils nous présenterons les différents cursus pour apprendre le béarnais. Les organisateurs seraient heureux que des anciens élèves, ayant appris l’occitan à l’école, viennent apporter leurs témoignages. A travers l’expérience de tous ces intervenants, nous verrons que faire le choix du bilinguisme aujourd’hui, c’est faire le choix de l’égalité, de la modernité et de l’ouverture. Cette réunion d’information est ouverte à tous, et notamment aux parents et aux jeunes qui veulent apprendre l’occitan dans leurs établissements scolaires. Nous leur rappelons que la plupart des établissements du secondaire propose l’occitan comme langue obligatoire ou facultative. Pour plus d’informations, les élèves peuvent se rapprocher de leurs professeurs principaux ou contacter l’Ostau Bearnés. Renseignements : Ostau Bearnés, 46 bvd Alsace Lorraine PAU 05 59 30 60 34 http://www.ostaubearnes.fr.st La formation des enseignants passée au crible Un rapport-bilan sur les IUFM détaille les faiblesses du système avant la réforme de Lang. Par EMMANUEL DAVIDENKOFF Le mardi 20 février 2001 Le rapport mentionne le risque de pénurie d'enseignants, alors que l'Etat doit en recruter 185 000 dans les cinq ans à venir. Officiellement, tout va bien: les enseignants sont mieux formés que par le passé et les instituts universitaires de formation des maîtres (IUFM) remplissent leur mission. Telle est la double conclusion sur laquelle Gilles Bertrand, patron du Comité national d'évaluation, a ouvert sa présentation d'un rapport consacré aux «IUFM au tournant de leur première décennie», fondé sur l'audit de 22 des 29 IUFM français. Incohérences. Puis, officiellement toujours, le même a consacré une heure pour dire l'inverse, détaillant ce que chacun sait. Que la formation des enseignants souffre de nombreuses lacunes et incohérences. Et que les IUFM sont encore loin de leurs objectifs initiaux. Alors que Jack Lang doit dévoiler d'ici à la fin du mois sa réforme de la formation des enseignants, ce rapport insiste sur les principaux points sur lesquels le ministre de l'Education nationale est attendu au tournant. A commencer par la durée et l'organisation de la formation. «La préparation professionnelle effective ne dure qu'un an, a souligné Gilles Bertrand. Pendant la première année, consacrée à la préparation du concours, les jeunes se vivent encore comme étudiants. Puis, du jour au lendemain, ils passent à l'état d'enseignant. C'est un couperet, alors qu'il faudrait un biseau.» Pour cela il faudrait changer la nature des concours enseignants, «pas assez professionnalisés». Et améliorer les relations entre les formateurs des IUFM et les formateurs «de terrain» - les enseignants maîtres formateurs (EMF) pour le primaire et les conseillers pédagogiques pour le secondaire - qui exercent un rôle de tuteurs auprès des professeurs néophytes. «Ils sont trop souvent considérés comme des prestataires extérieurs et insuffisamment associés à la démarche globale de formation.» Autre problème criant, celui des enseignants dits sur «listes complémentaires» qui arrivent sans formation devant une classe. C'est un des plus jolis paradoxes du système: ces enseignants n'ont pas été admis à l'IUFM mais sont envoyés devant les élèves pour combler le manque de professeurs. «Ceux qui ont échoué de peu ont le même niveau que les reçus - ça se joue à quelques centièmes de point -, mais plus on descend dans la liste, moins c'est brillant», confie, anonyme, ce formateur de l'IUFM de Versailles. En clair, on envoie, sans formation, devant les élèves, des étudiants qui n'ont pas été jugés capables d'enseigner selon les normes du concours. Ils suivent néanmoins une formation, un an plus tard, à l'IUFM. L'incohérence est complète: «On leur demande de redevenir étudiants après avoir été enseignants», brocarde Gilles Bertrand. Recrutement. Enfin, le rapport mentionne le risque de pénurie d'enseignants alors que l'Etat doit en recruter 185 000 dans les cinq ans à venir. Le manque existe déjà pour l'enseignement professionnel et dans les filières technologiques et scientifiques. Il pourrait s'aggraver, faute «d'un message fort sur le métier d'enseignant». LIBERATION Projet de loi sur la Corse au Conseil des ministres, acte II Les modalités d'enseignement de la langue corse divisent la gauche. Par CHRISTOPHE FORCARI Le mardi 20 février 2001 «Disons que le président de la République a tenu la semaine dernière à solenniser ses réserves.» L'entourage du Premier ministre Matignon repasse les plats et cette fois l'Elysée ne peut plus faire la fine bouche. Le projet de loi sur la Corse sera présenté demain en Conseil des ministres. Juste une semaine après le coup d'éclat du président de la République qui, à la suite des remarques du Conseil d'Etat, avait refusé l'inscription de ce texte à l'ordre du jour du dernier conseil. L'Elysée avait alors invité Lionel Jospin à revoir sa copie pour tenir compte des critiques formulées par l'institution du Palais-Royal. Le Premier ministre n'en a rien fait et, demain, Jacques Chirac, qui ne peut rééditer le même coup chaque semaine, entendra le ministre de l'Intérieur, Daniel Vaillant, lui présenter les grandes lignes du futur statut de l'île. Il ne manquera pas cette nouvelle occasion d'exprimer ses critiques sur le processus de Matignon. «Disons que le président de la République a tenu la semaine dernière à solenniser ses réserves», ironise l'entourage du Premier ministre pour qui cette passe d'armes appartient à l'histoire ancienne. «Le Président a tenu à prendre date», rappelle son entourage. Lionel Jospin s'est donc tenu rigoureusement à sa ligne de conduite. En clair, ce projet de loi qui résulte d'un accord politique majoritaire entre les différents groupes représentés à l'Assemblée de Corse ne peut être modifié par le gouvernement. Matignon ne veut pas leur donner l'impression, en suivant les remarques du Conseil d'Etat, qu'il fait un enfant dans le dos à ses interlocuteurs insulaires. «La parole revient désormais au Parlement. C'est lui qui pourra, s'il le souhaite, modifier ce projet de loi», insiste Matignon. L'Assemblée nationale devrait entamer ses débats sur le futur statut de l'île «fin avril, début mai», a précisé dimanche soir sur France 3 Daniel Vaillant. «La légitimité du suffrage universel, c'est le Parlement», a insisté le locataire de la place Beauvau. Symbole. Mais les députés pourraient bien embrayer sur certaines des remarques formulées par le Conseil d'Etat. Et notamment sur l'obligation de l'enseignement du corse, mesure symbolique qui a du mal à passer dans les rangs du groupe socialiste. A plusieurs reprises, depuis que les grandes lignes de ce texte sont connues, plusieurs députés de la majorité ont fait part de leurs réserves face à une mesure qu'ils jugent contraire aux principes républicains. Point de discorde. Copiée sur la loi de 1996 sur la Polynésie alors jugée tout à fait conforme par le Conseil constitutionnel, la disposition du projet de loi stipule que la langue corse sera enseignée sur les horaires légaux, sauf volonté contraire des parents. Le Conseil d'Etat a estimé que «la démarche expresse» demandée aux parents «reviendrait à instituer dans les faits un enseignement obligatoire» du corse. Même l'ancien ministre de l'Education nationale, Claude Allègre, pourtant favorable au projet dans son ensemble, met «une condition à son approbation totale: que l'enseignement de la langue corse ne soit pas obligatoire». «Lors de son audition devant la commission des Lois, Daniel Vaillant a réaffirmé que cette disposition était un des points de passage obligés des accords de Matignon», souligne Bernard Roman (PS, Nord), président de la commission, qui minimise la grogne de ses troupes sur ce point. «Nous travaillons actuellement sur des formulations mais pas sur des positions alternatives aux accords de Matignon», précise Bruno Le Roux (PS, Seine-Saint-Denis), futur rapporteur du projet de loi. Côté gouvernement, on rappelle que les deux motions contraires, toutes deux adoptées par l'Assemblée insulaire, comportaient l'obligation de l'enseignement du corse et que, par conséquent, les «réunions de Matignon» ont permis d'aboutir à une solution moins radicale. «Nous n'avons rien à lâcher sur ce point, précisent les conseillers de Lionel Jospin, mais on peut sans doute parvenir à des formulations qui réaffirment la totale liberté des parents et des enfants.» Histoire de rassurer quelques députés socialistes sourcilleux. Car, pour le reste, il n'est pas question que, au sein du groupe, certains jouent leur partition en solo sur ce texte, comme l'a rappelé François Hollande lors du dernier bureau national. Sur les chemins escarpés de Corse, rien ne vaut une bonne paire de godillots. * Libération Education: un nouveau concours pour enseigner en langue bretonne Claude Hagège. - Bien sûr : elle est inscrite dans le code génétique de notre espèce. Les premiers hominidés ne se distinguent pas des espèces simiesques par les mesures crâniennes ou morphologiques mais par l’aptitude au langage, qui se manifeste très tôt sous la forme d’une organisation sociale, bien avant la naissance des langues. Il existe une localisation de l’aptitude au langage, la zone dite « de Broca », dans le lobe frontal gauche. N. O. - On parle de vie sociale chez certains singes... Cl. Hagège. - Non, ce n’est pas comparable. La vie sociale dont nous parlons ici est celle des galets aménagés ou des inscriptions pariétales, des traces indiquant la forgerie d’instruments, et des constructions intermédiaires entre l’homme et la nature. La technique et l’art impliquent l’aptitude au langage. Celui-ci a longtemps consisté en signes gestuels. N. O. - Les sons entendus par le foetus pendant la vie intra-utérine doivent-ils être considérés comme le début de l’apprentissage du langage ? Cl. Hagège. - La paroi abdominale n’est pas étanche et laisse passer les sons. Or le foetus, dans les derniers mois, a déjà une ouïe assez fine ; il entend, il écoute, il enregistre. A la naissance, le bébé commence à reconnaître des sons qu’il imitera plus tard. Vers 18 mois, il accède au langage articulé. N. O. - Quelle est la part proprement musicale (ou phonétique) dans cet apprentissage ? Cl. Hagège. - L’oreille de l’enfant est très sensible aux intonations, à la prosodie. Cette musicalité joue un rôle essentiel dans les langues dites « à tons », comme le chinois, où la mélodie participe du sens. Au départ, le babil du nourrisson contient virtuellement tous les phonèmes présents dans les différentes langues ; l’apprentissage de la première langue constitue un élagage ou un tri opéré parmi ces multiples possibilités. N. O. - On apprend aussi, que l’on soit poitevin ou parisien, une certaine façon de prononcer une langue... Cl. Hagège. - L’enfant enregistre en effet la prononciation de son milieu social et familial. Mais il s’agit là de questions psychosociales et non proprement linguistiques. N. O. - Comment définissez-vous la langue maternelle : est-ce la langue de la mère ou la première langue parlée ? Cl. Hagège. - Nous critiquons actuellement ce concept de langue maternelle, qui correspond à une société antérieure aux conquêtes du féminisme ; il vaut mieux parler de langue dominante ou vernaculaire. N. O. - Est-il vrai qu’on ne peut apprendre cette première langue que jusqu’à un certain âge ? Cl. Hagège. - Nous avons constaté l’existence d’un seuil, dit « seuil fatidique de la onzième année » : le préadolescent, requis par l’éveil de la sexualité, devient moins attentif aux sonorités inconnues. Dans cette phase, on assiste à une sorte de sclérose des synapses nerveuses, qui se traduit par une moindre réaction des zones du langage aux stimuli. La seule garantie d’acquérir une prononciation correcte, c’est d’apprendre une langue avant 11 ans. N. O. - Un enfant élevé en plusieurs langues acquiert-il plusieurs langues dominantes ? Cl. Hagège. - Le bilinguisme est un privilège et doit être encouragé. Les enfants bilingues sont souvent les meilleurs élèves. L’acquisition précoce de deux langues met l’enfant en situation d’en apprendre d’autres par la suite. Cependant, les enfants d’immigrés, qui apprennent à la maison la « langue de la tendresse », le turc ou l’arabe, ne dominent ni la langue maternelle ni la langue acquise ; ils souffrent d’un double semi-linguisme. N. O. - Quel est le lien entre la structure de la langue dominante et la construction de l’identité ? Cl. Hagège. - Il y a un lien en effet. Les schémas directeurs de la langue structurent la pensée et donc l’identité ; mais cela ne signifie pas qu’on ne puisse apprendre une langue étrangère sans changer d’identité ! On peut être polyglotte sans souffrir de dédoublement de la personnalité ! N. O. - Est-il possible d’apprendre à parler une langue étrangère sans accent, en immersion totale, en plongeant dans un « bain de langage » analogue à celui dans lequel évolue le nourrisson ? Cl. Hagège. - Une expérience d’immersion totale menée à Toronto avec des enfants canadiens a donné des résultats spectaculaires : ces enfants ayant appris le français à 11 ans étaient totalement francophones à l’âge du bac. Cependant, en l’absence de suivi, ils ont oublié ce qu’ils avaient appris. La capacité d’oubli est presque aussi grande que la capacité de mémorisation. Il arrive qu’une langue apprise dans l’enfance et oubliée réapparaisse à l’occasion d’un voyage. Il s’agit donc d’une occultation plus que d’un oubli. N. O. - De nombreux chercheurs ont rêvé de trouver - sans pour autant vous convaincre, on le sait - la preuve qu’il existerait une origine unique pour toutes les langues. Faut-il voir dans ce rêve prébabélien un fantasme lié à l’unicité de la langue maternelle ou dominante dans l’histoire personnelle de chacun ? Cl. Hagège. - Certainement. C’est un fantasme lié à l’histoire personnelle. J’ajouterai que la pensée humaine aspire souvent à l’unité, qui semble garantir l’harmonie, alors que c’est justement la diversité qui permet l’harmonie. N. O. - Il y a aussi l’unité de l’aptitude au langage... Cl. Hagège. - Le français a le grand mérite de distinguer le langage de la langue ; il existe une unité absolue de l’aptitude au langage, mais les langues sont diverses depuis l’origine. Il y a 100 000 ou 200 000 ans, pour une raison inconnue, l’espèce humaine, à peine née, a quitté son berceau africain pour entamer une immense migration ; l’aptitude au langage existait chez tous, mais les langues se sont développées en chemin. Propos recueillis par CATHERINE DAVID Education: un nouveau concours pour enseigner en langue bretonne Le télégramme de Brest 09/02/2002 SAINT-BRIEUC (Côtes-d'Armor). L’Education nationale travaille actuellement à la mise en place d’un concours spécial destiné aux langues régionales. Les lauréats pourront travailler dans des classes élémentaires publiques ou privées bilingues et dans certaines classes de Diwan. Les pré-inscriptions interviennent dès cette année pour passer la première session du concours en 2002 et être opérationnel, en cas de réussite, à la rentrée 2003. On ne connaît pas encore le nombre de postes affectés. A l’IUFM (Institut Universitaire de Formation des Maîtres) de Saint-Brieuc 30 places sont pour le moment dévolues à la préparation du concours. Les personnes intéressées pour passer la première session doivent se faire connaître avant le 22 février auprès de l’IUFM de Saint-Brieuc. 1 rue Théodule-Ribot; 02-96-33-78-97. Un petit éditeur publie en occitan, corse, breton, basque. Le journal pour enfants qui tire les langues Un petit éditeur le publie en occitan, corse, breton, basque. Par ANNICK PEIGNÉ-GIULY Le jeudi 1er février 2001 «Nous cherchons à insuffler nos différentes cultures dans un même journal. Le communitarisme n'est pas notre tasse de thé!» David Grosclaude, éditeur à Pau Les langues régionales mettent-elles en danger la République? Comment dit-on renard en corse, en breton, en occitan, en basque? Volpe, louarn, vop, axeria... C'est à ce type de déclinaisons linguistiques que s'attaque la maison d'édition paloise Vistedit depuis quelques mois. Petite structure innovante qui vient de lancer un bouquet de mensuels pour enfants en quatre langues de France, et ce via une forme de développement original, imaginée après quelques années de tâtonnements. En 1995, David Grosclaude, aujourd'hui à la tête de Vistedit, commence par une simple traduction en basque et en breton du journal Toboggan, des éditions Milan. Mais les droits exigés en retour par Milan excluent toute rentabilité. Trois ans plus tard, il décide de fabriquer son propre journal hors de tout grand groupe éditorial. Ainsi naît le magazine en langue occitane Plumalhon. Mais dans le Sud, où subsisteraient pourtant quelques millions de locuteurs en occitan (selon une étude réalisée à la demande des conseils régionaux de Languedoc-Roussillon et d'Aquitaine), la publication d'un mensuel pour enfants se révèle non-viable. «Nous avons cherché de l'aide auprès de la région, raconte David Grosclaude, puis décidé de nous ouvrir. Je suis allé en Bretagne rencontrer l'association Keit Vimp Bev, en Corse voir Mediaterra...». Cette fois, l'affaire démarre. En Bretagne, trois numéros de Louarnig («petit renard») sont déjà sortis. En Corse, sort le n° 0, Aio («allez»). Au Pays basque, le n° 1 de Pika («couper») sera lancé en mars. Film du noir. Pour l'instant, le procédé est simplissime qui consiste, à partir d'une maquette et d'illustrations communes, à charger chaque société régionale de traduire les textes. «Il nous suffit de changer le film du noir pour les différentes versions», explique Joël Demasson. La petite SARL bastiaise Mediaterra qu'il dirige compte investir 800 000 francs par an dans ce projet. 2000 exemplaires ont été tirés du n° 0 de Aio, vendu en kiosque dans l'île. Les quatre petites sociétés, amenées à collaborer pour des raisons économiques, se trouvent du coup confrontées à une réflexion rafraîchissante sur la conception d'un mensuel de 24 pages en quatre langues. «L'objectif est de faire fonctionner cette petite usine à gaz, reprend David Grosclaude. D'effectuer un travail commun entre nos régions, notamment dans le domaine de la transmission de la langue aux enfants.» Au passage, ils ont perçu les différences de situation entre les régions. L'inégalité devant la pratique de la langue d'abord. Bien qu'on n'ait pas encore établi de chiffres précis sur le nombre de locuteurs, la disproportion est évidente entre un marché de plusieurs millions d'Occitans et celui des 250 000 Corses... Multiculturel. Ils se sont aussi posé la question des différents parlers pour les régions. «Les Occitans pratiquent déjà trois versions de leur langue, explique Joël Demasson, de Mediaterra, les Basques l'envisagent aussi. Nous, nous avons tranché entre le parler du nord de la Corse et celui du sud. Nous avons adopté le standard du corse choisi par l'Education nationale.» Cette perspective de mensuel «multiculturel» oblige les rédactions à se réunir pour mettre en commun leurs différences. «C'est fou ce que Brest est loin de Bastia, explique David Grosclaude. Et nous n'avons pas trouvé mieux que Paris pour nous retrouver. Nous cherchons à insuffler nos différentes cultures dans un même journal, en insérant des pages par région sur une seule thématique. Le communitarisme n'est pas notre tasse de thé!» Le monde autour. De fait, les petits héros des bandes dessinées, des contes ou des reportages ne portent pas le béret basque ou le chapeau rond breton. «Ce n'est pas parce que l'on parle corse qu'on ne s'intéresse qu'aux châtaignes, poursuit Joël Demasson. On a surtout envie de dire le monde qui nous entoure en langue corse.» Les enfants apprendront peut-être ici ce qu'est la course landaise, le chant corse ou la pelote basque, mais aussi que l'histoire de l'aviation a démarré pas très loin de Toulouse. Une sorte de petite remise en place géopolitique des choses. LIBERATION M. Lang accélère l'introduction des langues vivantes à l'école LE MONDE | 30.01.01 VOILÀ UNE DÉCISIONqui va combler les parents d'élèves : le ministre de l'éducation nationale a donné, lundi 29 janvier, un coup d'accélérateur à l'apprentissage des langues vivantes à l'école primaire. En juin 2000, Jack Lang promettait d'introduire une langue vivante au cours préparatoire (CP) en 2004, et en grande section (GS) de maternelle en 2005. Aujourd'hui, le ministre change de braquet : l'initiation entrera en vigueur dès 2002 en CP ou en GS, en même temps que la généralisation de l'apprentissage en CE2 et que la mise en place des futurs programmes du primaire. Pour garantir une diversification de l'offre, les collégiens ayant suivi une autre langue que l'anglais en primaire pourront, dès la 6e, bénéficier en 2003 de l'anglais en seconde langue. En septembre 2001, de manière expérimentale, les élèves entrant au collège seront évalués sur leurs compétences en langue ; une mesure généralisée en 2004. Promise pour cette année scolaire, « la généralisation de l'enseignement des langues en CM2 est assurée dans 94 % des classes du secteur public », selon M. Lang. Une chose est sûre, des efforts ont été réalisés cette année. « Nous avons obtenu des crédits pour recruter tous azimuts », affirme un inspecteur d'académie (IA). Même sentiment au SNUipp, syndicat majoritaire du premier degré : « Les IA ont recherché tous les moyens d'enseignement possibles ; quant à savoir ce que recoupe la réalité des cours, c'est autre chose ! », s'inquiète Nicole Geneix, la secrétaire générale. Aussi populaire soit-il, l'apprentissage précoce des langues bute en effet depuis des années sur le manque de ressources. Les annonces de lundi risquent de compliquer la donne. Ces derniers mois, des Français ayant passé un ou deux ans à l'étranger ont été recrutés sur des postes d'assistants de langue, normalement réservés aux étudiants étrangers. Ces jeunes, venus en France pour assurer des « cours de conversation » avec des lycéens, ont du mal à s'adapter à de grands débutants et démissionnent au bout de quelques semaines. Dans les zones rurales, la question est criante. M. Lang a toutefois promis de recruter 1 850 assistants à la rentrée 2001 contre un millier cette année. MANQUE DE RESSOURCES Par ailleurs, des enseignants sont fortement incités à pratiquer des échanges de service (1 h 30 de langue par semaine contre un autre cours). Pour leur prêter main-forte, les titulaires d'une licence pourront désormais assurer des vacations au-delà des 270 heures autorisées. Malgré ces multiples recours, certains IA restent pessimistes : « Le vivier risque d'être tari pour les prochaines années. » Or le système éducatif ne peut guère s'appuyer sur les professeurs des écoles. « Seule une minorité a suivi des études de langues, souligne Mme Geneix. Or on attend depuis plusieurs mois des précisions sur les nouvelles formations promises. » M. Lang a aussi indiqué qu'en 2003 le recrutement de tous les professeurs des écoles nécessitera une compétence en langue. Cette succession d'annonces est un peu effrayante, juge toutefois Mme Geneix. Le ministre renforce la demande des familles, mais place les instits en situation de dire aux parents : désolés, on ne peut pas suivre. » Stéphanie Le Bars Education. Diwan dénonce le concours virtuel des professeurs des écoles bilingues En décembre 1999, l'Education nationale annonçait la création d'un concours spécial destiné aux professeurs des écoles bilingues. Plus d'un an après, ce concours n'existe toujours pas. "Il est temps de passer des déclarations aux faits", a déclaré hier Andrew Lincoln, président de l'association Diwan des écoles en langue bretonne, qui s'inquiète de ce que, à moins d'un mois de la clôture des inscriptions, ni les dates ni les contenus des concours n'aient été définis. "L'IUFM de Bretagne nous a dit être prêt à ouvrir 30 postes au concours. Il faut l'aider pour faire avancer les choses", a encore déclaré le représentant de Diwan. L'association, ainsi que celle des parents d'élèves de l'enseignement bilingue public et l'Union des enseignants de breton, a envoyé, hier, un courrier dans ce sens au ministère. GRAND ANGLE- Qui soutient encore l'ETA ? Le huis clos basque Au Pays basque espagnol, une frange de la population (15 à 20%) se refuse à condamner la violence de l'ETA (23 assassinats l'an dernier) Enquête dans une ville- bastion de la mouvance indépendantiste. Par FLORENCE AUBENAS Le vendredi 26 janvier 2001 «Au Pays basque, tu perds des copains, ils meurent, ils partent en exil ou en prison. Tu souffres, mais ton ordinaire, il est exceptionnel.» Anna C'est là qu'aura lieu la manifestation, sur la petite place pavée où se serrent les maisons. Il n'y aura pas de banderoles, juste des slogans et une marche. Julem et les autres ont l'habitude. Une fois encore, ils s'opposeront aux mesures politiques et judiciaires du gouvernement espagnol contre l'ETA. Il pleut finement, des voitures de police tournent au ralenti autour de la place. C'est un jour ordinaire à Arrasate, au Pays basque. Au même moment, partout ailleurs en Espagne, d'immenses défilés se préparent, des centaines de milliers de personnes, quelques curés, des politiques. Quelques heures plus tôt, en Catalogne, la voiture du conseiller municipal de Terrassa a fini par exploser après avoir roulé deux heures, une bombe de cinq kilos cachée sous le siège. La mort de cet obscur quinquagénaire du Parti populaire, formation de droite au pouvoir en Espagne, a été revendiquée par l'ETA comme la 23e victime pour l'an 2000. A Madrid, le gouvernement tonne. «L'offensive terroriste», titre le quotidien El Pais. A Arrasate, Julem n'en dit pas un mot. Ni lui ni personne, comme si la même histoire s'écrivait, mais avec d'autres règles. Arrasate et ses 24 000 habitants est une de ces villes que la police espagnole appelle une «forteresse de l'ETA». Comme dans une soixantaine de communes sur 250, l'aile politique de l'organisation séparatiste Euskal Herritarrok (ex-Herri Batasuna) tient la mairie depuis presque treize ans. Julem Mendizabel, étudiant ingénieur de 20 ans, désigne quelques venelles entrelacées qui viennent buter sur les montagnes. «Voilà nos rues, avec nos cafés et nos magasins.» Tout le monde peut y aller, bien sûr. Mais, de fait, «il n'y a que nous, et nous n'allons que là». «Mais il y a ces gens-là...» Ce «nous»-là, c'est l'énigme du Pays basque. Alors que l'action de l'ETA devient de mois en moins compréhensible pour le reste du monde, 15 à 20 % de la population du Pays basque continue à refuser de condamner la lutte armée. Il y a des mères de famille, des profs, des jeunes, des vieux, ceux qui n'ont jamais tracé un graffiti de leur vie ou ces 10 % de gamins qui, au dernier sondage, se disaient «prêts à prendre les armes pour l'ETA». C'est un pan entier de société qui possède légalement ses partis, ses syndicats, ses associations, et qui se définit lui-même comme la gauche «abertzale», «radicale et patriote». Un policier espagnol soupire. «S'il n'y avait que l'ETA, ce serait facile pour nous, un exercice militaire. Mais il y a ces gens-là, dont on n'arrive même pas à imaginer ce qu'ils ont dans la tête.» Autour de la place d'Arrasate, il y a de plus en plus de policiers. «On s'en fout. On est tous déjà sur écoute, suivis, fliqués.» Pour s'être enchaîné sur l'autoroute lors d'une action pacifique, Julem a pris six mois ferme l'an dernier. Il parle de trois jeunes gens qui, l'autre jour, ont brûlé un distributeur bancaire à San Sebastian. «S'ils tombent, c'est douze ans ferme maintenant. Ces types-là, ils ont tout mon respect», dit encore Julem. Les agences d'intérim aussi peuvent être incendiées (contre l'«exploitation des travailleurs»), ou les bus publics (dans les municipalités tenues par des partis «espagnols»). Là, c'est plus cher : dix-sept ans. Julem compte dans sa tête. «De toute façon, nous, où est-ce qu'on sera dans dix-sept ans ? en prison ? morts ? à l'ETA ?» Son copain croit bien faire. «Peut-être qu'on sera libres», il dit. Personne ne relève. «On entre dans une contre-société» Depuis les années 90 où la calle boroka - la lutte des rues - est devenue une des actions les plus pratiquées par une frange dure des jeunes abertzale, Madrid a transformé son code pénal en machine de guerre. «Au prix où c'est maintenant, on peut se demander s'il ne vaut pas mieux passer à plus gros, carrément les armes», évalue une lycéenne. C'est la sortie des cours à la taverne abertzale d'Arrasate. Elle bouge la tête sur un rock qui chante en euskara l'indépendance. Il y a des dizaines de groupes locaux, plus de 80 concerts chaque week-end. Dans le fond, sur le flipper, clignote «Gora ETA» («Vive ETA») à la case «meilleur score». C'est le pseudo que prennent tous les gosses quand ils font une partie. «Au contraire, renchérit quelqu'un. En se faisant condamner pour une action symbolique, les types de la calle boroka révèlent le caractère oppresseur de l'Etat espagnol. Ils se sacrifient pour le pays.» Les attentats de l'ETA, en revanche, celui de Terrassa ou les autres, ils n'en parlent pas. «Quelquefois, on ne comprend pas la cible. Mais on se dit que eux doivent savoir», reprend la lycéenne. Ses parents sont abertzale. Ses amis sont abertzale. «L'ETA, ce serait comme des gens de la famille. On a grandi avec. Ils ont tout fait pour nous, on ne peut pas laisser tomber comme ça.» Fonctionnaire à Madrid, Anna est entrée par hasard dans le mouvement quand, il y a vingt ans, elle a été nommée en Biscaye, juste à côté de San Sebastian. «J'ai pris des cours du soir en basque, comme ça, parce que j'étais seule. Et puis, de copains en copains, j'ai été happée. J'avais une sensibilité contestataire, mais une cause comme celle-là lui donne un sens. On entre dans une contre-société.» En moyenne, un abertzale a trois ou quatre réunions par semaine, l'école, la culture, les groupes de quartier, convoqué par voie d'affichage. La dernière réunion proposait un référendum pour l'installation ou non d'une grande surface. Cet après-midi, il y a le choix entre une manifestation contre le tracé d'un train et une action pour la promotion des éoliennes. Anna travaille maintenant dans une association de femmes. «Au Pays basque, tu perds des copains, ils meurent, ils partent en exil ou en prison. Tu souffres, mais ton ordinaire, il est exceptionnel.» Anna s'emballe. La trésorière de l'association s'en mêle. «L'histoire, tu nais dedans, elle t'emporte. Des fois, je me dis que si j'étais espagnole, je serais où ? devant ma télé ?» Une parole déchire ce ciel exalté. «Et cet attentat, l'autre jour à Terrassa ?» Anna coupe. «On ne peut pas donner son avis comme ça.» Les visages se ferment, exaspérés. Dans le brusque silence, on entend un jeune homme aux cheveux longs qui claque la porte d'entrée à une visiteuse. «Personne ne la connaît et elle vient sans recommandation. Une indic, c'est sûr.» Le petit groupe s'est soudain pelotonné autour de la photocopieuse. Anna : «C'est dingue. On se croirait sous Franco.» «Qui peut descendre du bateau ?» A la mort du dictateur, «on avait bien compris que le changement de régime nécessitait un changement de stratégie de l'ETA pour arriver à l'autodétermination», raconte Floren, un vétéran. L'analyse ne tiendra pas longtemps. En 1978, une nouvelle Constitution est adoptée par référendum dans l'ensemble de l'Espagne, malgré une abstention massive au Pays basque. Elle prévoit en effet l'indivisibilité du pays. Dès lors, les gouvernements successifs vont suivre une double stratégie. Face aux revendications politiques, Madrid met en place un statut d'autonomie réel, le plus large d'Europe. D'autre part, l'Etat oppose une réponse policière aux actions armées, notamment avec la «guerre sale» où 27 militants basques au moins furent exécutés en France par les GAL, des commandos secrets du gouvernement espagnol dans les années 80. «Tout cela nous a imposé de continuer la lutte armée.» C'est lâché net, tranchant. Des débats, des doutes, de ce statut d'autonomie concédé par Madrid, nul n'en dira rien. «La décision a été prise. La commenter ne servirait qu'à nous diviser.» Jusqu'en 1995 environ, «l'ETA a ainsi continué à accumuler armes et forces, persuadé que seule une stratégie d'affrontement avec Madrid permettrait de décrocher l'autodétermination, raconte un autre ex-clandestin. A vrai dire, les seules discussions qu'il y avait entre l'ETA et Herri Batasuna tournaient autour du fait que ces derniers se sentaient vraiment la dernière roue du carrosse et voulaient plus de place.» «Quand, dans les années 70, nous disions nous battre au nom de la révolution et du socialisme, cela s'inscrivait dans le mouvement d'une époque», raconte cet élu de Herri Batasuna. Avec la crise des idéologies, «il ne nous est soudain plus resté pour projet qu'un nationalisme sec et parfois sourcilleux dans lequel nous avions nous-mêmes parfois du mal à nous reconnaître». Les «droits de l'homme» vont dès lors remplir le blanc laissé sur les banderoles. La dénonciation de la torture (pour laquelle l'Etat espagnol estcondamné par Amnesty et l'ONU) va devenir l'unique message capable de rassembler des manifestations de soutien géantes. Juan-Emilio Berrena, un technicien d'Arrasate, connaissait «ces histoires, mais sans plus». «Et puis mon tour est venu à la loterie funeste : mon beau-frère a été arrêté. Quand ça t'arrive, tu es obligé d'en être, c'est ainsi.» Dans les commerces abertzale de chaque village, s'étale en frise la galerie de portraits des «prisonniers politiques» de la commune. A Arrasate, environ 300 habitants de la ville sont passés derrière les barreaux en vingt-cinq ans. Au moins autant que les combattants, ce sont ces captifs qui sont aujourd'hui les héros les plus populaires des abertzale et leurs plus sûrs recruteurs. «Dans les années 70, 80, nous pensions : ils nous oppriment parce que nous voulons nous libérer. Maintenant, c'est presque : nous voulons nous libérer parce qu'ils nous oppriment», explique un commerçant. «Evidemment, à ce jeu-là, les armes de l'ETA se retournent contre nous. Mais qui peut descendre du bateau ? On s'en sort tous. Ou personne.» «Accuser l'autre d'être pire que soi» Les attentats se poursuivent au milieu des années 90, mais désormais ce ne sont plus les policiers, militaires ou magistrats qui sont principalement visés. Elus, entrepreneurs, militants «espagnols» tombent à leur tour. «Le gouvernement et l'opinion publique sont capables d'assumer la mort de cent flics par an. Cette fois, l'ETA a voulu rendre la situation intenable, pousser chacun à choisir son camp», explique Juan, un universitaire abertzale. Pour la première fois, une mobilisation populaire se lève spontanément contre l'ETA. Manifs contre manifs. Larmes contre larmes. Juan reprend : «On est tombé dans l'émotion pure où chacun n'a plus pour seul argument que d'accuser l'autre d'être pire que soi.» En septembre 1998, c'est notamment pour tenter de sortir de cette spirale que l'organisation armée décrète unilatéralement la première véritable trêve en vingt-cinq ans. A Arrasate, l'unique réaction des autorités espagnole à la trêve sera l'arrêt des contraventions contre les abertzale qui manifestent. Des «combattants», mais aussi un négociateur de l'ETA sont incarcérés alors que paraissaient s'amorcer des pourparlers avec Madrid. Juan-Mari Olano, ancien clandestin, ancien politique, dit : «La violence arrange Madrid et lui permet de refuser le référendum.» Après dix-huit mois, l'organisation armée rompt sa propre trêve. Jon, boulanger près d'Irun, a fermé le jour du premier assassinat de l'après-trêve, en janvier 2000. «Est-ce qu'on est condamné à n'exister comme peuple qu'avec la lutte armée ?» Une quarantaine de personnes sont arrêtées les mois suivants, dont sept dirigeants de Herri Batasunna et beaucoup d'associatifs. «On se sent comme asphyxiés» Le siège de Herri Batasuna à San Sebastian, mouvement volontairement sans carte et sans chef, ressemble à une sorte de coopérative. Membre d'une des directions, Elena Eloki vient de sortir de prison. «On est accusé de soutien à l'ETA, puis relâché avec un non-lieu parce qu'il n'y a rien dans les dossiers. Toujours pareil.» La prudence des discours laisse pourtant échapper, ici ou là, des réticences à la reprise des attentats. «Nous sommes tous très conscients que nous vivons en Europe et que nous n'allons pas libérer ce pays par les armes. Cela ne tient pas debout», explique Joseba Alvarez, chargé des relations internationales. «Tout le monde n'a pas la même appréciation de la violence. Il faut essayer de trouver la voie de dépassement.» Un élu de Herri Batasuna soupire. «La violence brûle toutes les autres formes de lutte. On se sent comme asphyxiés.» Olana, le vétéran, finit une cigarette dans un restaurant populaire. «Supprimer l'organisation armée serait un suicide. La guerre ne se fait pas avec un consensus social.» Un autre, plus cru : «L'ETA se fout de faire 15 ou 20 % des voix. Il n'est pas dans une logique de guerre médiatique ou de représentation. Il est dans une logique de déstabilisation de l'Etat espagnol, point à la ligne.» Le 12 décembre 2000, à Madrid, le Parti populaire et les socialistes signent un «pacte» où, d'emblée, est annoncée que la Constitution est un «cadre non négociable». Le texte développe «la solution policière pour éradiquer (...) les terroristes et ceux qui les soutiennent» et recommande «une mobilisation des citoyens et (...) en particulier des jeunes pour qu'ils se rebellent contre la violence». Sur les écrans de télévision se déploient les immenses manifestations en Espagne contre le dernier attentat de l'ETA, des jeunes, des vieux, des Espagnols, des Basques, une colère populaire avec les élus en tête de cortège. Maria se souvient de la première fois où elle a vu un de ces défilés-là, il y a quatre ou cinq ans. «Je faisais des courses à Bilbao, je tombe sur un cortège géant. Je me suis dit : comment ça se fait que je ne sois pas au courant ? Et d'un coup j'ai réalisé que ce n'étaient pas nous qui défilions contre eux mais eux qui défilaient contre nous. C'était une des premières fois à l'époque. Je répétais à mon mari : c'est nous les victimes, pas eux. Maintenant, même là, ils nous ont eus.». LIBERATION Education. Diwan dénonce le concours virtuel des professeurs des écoles bilingues En décembre 1999, l'Education nationale annonçait la création d'un concours spécial destiné aux professeurs des écoles bilingues. Plus d'un an après, ce concours n'existe toujours pas. "Il est temps de passer des déclarations aux faits", a déclaré hier Andrew Lincoln, président de l'association Diwan des écoles en langue bretonne, qui s'inquiète de ce que, à moins d'un mois de la clôture des inscriptions, ni les dates ni les contenus des concours n'aient été définis. "L'IUFM de Bretagne nous a dit être prêt à ouvrir 30 postes au concours. Il faut l'aider pour faire avancer les choses", a encore déclaré le représentant de Diwan. L'association, ainsi que celle des parents d'élèves de l'enseignement bilingue public et l'Union des enseignants de breton, a envoyé, hier, un courrier dans ce sens au ministère. UDF, RPR, EAJ eta AB elkarrekin aurkeztuko dira Angelun Espilondo hautagai sozialistaren kontrako frontea osatuko dute Villenave alkatearekin Hur Gorostiaga/baiona Miarritzeko eskolak badu eraginik. Angelun, Robert Villenave gaur egungo auzapezak (UDF), UDF, RPR, Abertzaleen Batasuna eta Euzko Alderdi Jeltzaleko kideekin osatuko du hautes- zerrenda heldu den martxoaren 11 eta 18 udal hauteskundeetan. Denek elkarrekin «Jean Espilondoren kontrako frontea» osatuko dute. Espilondo alderdi sozialistako diputatua izanik, UDF eta RPRk zentro-eskuinaren interesak dituzte helburu. Abertzalen Batasuneko eta EAJko kideek, aldiz, Euskal Departamenduaren etsai amorratu eta euskararen kontra hainbat alditan mintzatu denari bidea ixtea izanen dute helburu. Ofizialki zerrendakide bakoitzak izanen duen tokia finkaturik ez badago ere, Robert Villenave auzapezaren zerrendan izanen dira Michel Iturbide (hainbat alditan Abertzaleen Batasuneko hautagai izan dena), Ramuntxo Kanblong (Euzko Alderdi Jeltzaleko Ipar Buru Batzarreko bulegokidea) eta Angeluzain Angeluko abertzaleen elkarteko Marise Lamotte eta Marie-France Dubloc. Bat-egitearen truke, abertzaleek auzapezorde kargu bat eskura lezakete eta euskararen inguruan hainbat aitzinapen; ikastolarendako laguntzak eta bide-seinale elebidunak, besteak beste. Eztabaida luzea izan da bateko eta besteko partaideen artean. RPRren aldetik,abertzaleen presentziak Jean Michel Barat RPRko buruaren joatea eragin du. Abertzaleen artean, aldiz, Miarritzen gertatu bezala, abertzaleek zerrenda propioa osatzearen aldekoak zeuden. Baina Villenavek lehen itzulitik zerrenda bateratua nahi zuenez, adostasun horretara heldu dira, balizko bigarren itzulira itxaron gabe. Bertze zerrendarik sortzen ez bada, Jean Espilondok kudeatzen duen ezker frantsesaren eta zentro-eskuin frantses zein zentro-ezker abertzalearen arteko dema izanen da, eta lehia martxoaren 11n bertan finkatuko da. Hala ere, badirudi bertze zerrenda bat sortuko dela eskuin aldetik, justuki UDF eta RPRko kideek abertzaleekin egin koalizioa salatzeko. Kasu horretan, bigarren itzulirako aukera gehiago egonen da. EGUNKARIA Création d'une coordination d'enseignement du breton pour adulte CARHAIX (Finistère). Samedi, à Carhaix, les représentants du Conseil culturel de Bretagne et leurs amis de l'Office de la langue bretonne ont tenu une réunion ayant pour objet la création d'une "coordination d'enseignement du breton pour adultes en Bretagne". Ce plan de promotion de la langue, soutenu par 54 grandes associations ou fédérations partie prenante, vise à multiplier le nombre de locuteurs. Une série de mesures très concrètes vont être prises : mise en place de tests de niveau pour les "apprenants", formation des enseignants sur la pédagogie adulte, stages courts et intensifs, échanges entre enseignants, enseignement à distance, etc. Un effort conforté par une prochaine campagne médiatique et la constitution d'un comité de pilotage Culture. Les "Priziou 2000" mettent la langue bretonne à l'honneur France 3 Ouest et France Bleu Breiz Izel ont décerné hier soir au Quartz de Brest les "Priziou 200", sortes de "7 d'Or" de la création en langue bretonne. Ont notamment été distingués Daniel Giraudon, prix de la meilleure étude pour "Tradition populaires de Bretagne : du coq à l'âne. Yezhoù al Ioened", Hervé ar Bihan, de Rennes, prix de la meilleure nouvelle pour "Remi" et Roland Becker, d'Auray, prix du meilleur CD pour son dernier disque "Er Roué Stevan". Mais l'événement est en fait venu de l'intervention inopinée de militants de l'organisation autonomiste Emgann. Pendant que deux d'entre eux apparaissaient en tenue d'Adam, un troisième entartait Fanch Broudig, animateur de la cérémonie, pour protester contre cette "manifestation onéreuse". "La langue bretonne a besoin d'argent, ont-ils crié, mais pas pour ça". Oposiciones anuladas por marginar a los euskaldunes Martxelo DIAZ | IRUÑEA El Tribunal Superior de Justicia de Nafarroa ha invalidado unas oposiciones para cubrir veinte plazas en el Centro de Recursos para la Educación Especial de Nafarroa (CREENA), un ente de reciente creación, con sede en Iruñea y ámbito de actuación en todo el herrialde, por no incluir ningún puesto con exigencia de conocimiento del euskara y no introducir este idioma en el baremo, según dio a conocer ayer STEE-EILAS. El letrado de este sindicato, Felipe Gurrutxaga, destacó que esta sentencia abre una línea doctrinal importante, ya que puede tener repercusiones en la valoración del euskara en departamentos que trabajan en el conjunto del herrialde. Asimismo, subrayó que la sentencia deja claro que la Ley del Vascuence prevalece sobre el decreto de aplicación de la misma, recientemente modificado por Sanz. La sentencia exige que una de cada seis plazas sea cubierta por educadores euskaldunes y el conocimiento de este idioma se incluya en el baremo. José Manuel Urroz, miembro de STEE-EILAS, denunció que actualmente en el CREENA, organismo que atiende a alumnos con necesidades especiales, hay trabajadores que precisan de traductores para poder realizar observaciones directas de la situación de los alumnos. SUISSE Guillaume Tell me why Trente écoles bilingues ont fleuri dans tout le pays. Les cours, tel que l’histoire-géographie, y sont dispensés soit dans une langue nationale (français ou allemand), soit en anglais. Mais la langue de Shakespeare séduit de plus en plus la Suisse alémanique. Querelles. L'HEBDO «Do you understand me ?» Voici comment un Suisse romand et un Suisse alémanique risquent bientôt de communiquer si les écoles bilingues en anglais continuent de se multiplier. Actuellement, «30 des 160 lycées et collèges du pays, soit 1 sur 5, ont introduit une formule qui permet aux élèves d’apprendre certaines matières dans une autre langue que la leur : soit dans une langue nationale, soit en anglais», détaille le quotidien helvétique «Le Temps». Seulement voilà, la pression pour choisir l’anglais est de plus en plus forte, surtout en Suisse alémanique, la région la plus riche et la traditionnelle rivale de la Suisse romande. «Les cantons de Suisse centrale ont communiqué peu avant Noël leur volonté d’imiter Zurich et de faire primer l’anglais sur le français dès 2004-2005. D’autres comme Berne, Soleure, les deux Bâle et une partie de la Suisse orientale s’en tiendront au français. La pression de l’anglais reste cependant énorme pour les cantons limitrophes de Zurich qui hésitent - à l’image d’Argovie - entre l’argument de la cohésion nationale, la volonté de coordonner les programmes entre cantons voisins pour faciliter la mobilité des élèves et les pressions politiques de certains parlementaires et membres du Conseil de l’éducation.» Déjà en 1997, «L’Hebdo», le magazine francophone établi à Lausanne, commentait cette polémique... d’un point de vue romand. Il se faisait l’écho des craintes des francophones. Que se passera-t-il si les Alémaniques abandonnent le français au profit de l’anglais ?«D’un côté, le clan froid des utilitaristes, estime l’hebdomadaire. Emmenés par deux députés au Grand Conseil zurichois, ils réclament l’enseignement de l’anglais dès la deuxième année du primaire. Puisque la langue de l’économie et de l’avenir est l’anglais, sacrifions-lui le superflu, disent-ils. Et le superflu, bien entendu, c’est le français. De l’autre côté, le tendre clan des passéistes, les volontaristes de la résistance politique contre le fatalisme économique, les défenseurs de l’‘idée suisse’. Si nous n’apprenons plus les langues nationales, avertissent-ils, nous ne saurons plus nous entendre, nous perdrons notre culture, ce sera la fin du pays.» Du côté romand, on invoque des principes républicains pour justifier l’attitude de Genève, comme le rapporte le quotidien «Le Temps», édité dans cette même ville. «Seule Genève fait bande à part, remarque le journal. Au bout du lac, on semble être atteint de ‘perfectionnite’ aiguë et le principe de l’égalité des chances retient les énergies. Sous l’influence des principes de l’école française, Genève ne veut se lancer dans l’aventure du bilinguisme qu’en offrant les mêmes chances à chaque école et à chaque élève.» Création d'une coordination d'enseignement du breton pour adulte CARHAIX (Finistère). Samedi, à Carhaix, les représentants du Conseil culturel de Bretagne et leurs amis de l'Office de la langue bretonne ont tenu une réunion ayant pour objet la création d'une "coordination d'enseignement du breton pour adultes en Bretagne". Ce plan de promotion de la langue, soutenu par 54 grandes associations ou fédérations partie prenante, vise à multiplier le nombre de locuteurs. Une série de mesures très concrètes vont être prises : mise en place de tests de niveau pour les "apprenants", formation des enseignants sur la pédagogie adulte, stages courts et intensifs, échanges entre enseignants, enseignement à distance, etc. Un effort conforté par une prochaine campagne médiatique et la constitution d'un comité de pilotage Nouvelles de la pétition de la FELCO : 3299 signatures comptabilisées aujourd'hui au siège de la FELCO. C'est beaucoup, merci donc à tous ceux d'entre vous qui se sont faits les relais de cette action destinée à enrayer l'érosion des effectifs des élèves en lycée, érosion due aux nouvelles modalités du bac, et non compensée par les effectifs des élèves choisissant les langues régionales comme Langue Vivante 2 ou 3. Cette érosion doit être compensée, elle peut l'être si l'on en juge par la progression des élèves en primaire (bilingue ou sensibilisation), en collège et à l'Université. Au lycée, les préoccupations des élèves sont "consuméristes". On peut le regretter... Il n'en reste pas moins que le dérisoire coefficient 1 affecté à l'épreuve facultative n'incite guère les élèves à choisir un enseignement qu'ils vivent comme une surcharge de travail non valorisée. quant à la concurrence établie par le passage à une seule option facultative, elle fragilise toutes les "petites langues", dont les langues régionales. Merci donc à tous les signataires, merci aux associations amies de la FELCO (IEO, Félibrige, calandretas, Mesclum...) du relais apporté à l'action. C'est encore trop peu cependant : si l'ensemble de l'espace occitan a bien répondu à nos sollicitations (sauf, pour l'instant, le Limousin...), nous n'avons aucun écho des autres langues, malgré messages à la Flarep, lettres à divers responsables... Par ailleurs, nous avons dressé une liste des personnalités signataires (fichier joint). Pour l'essentiel, elles proviennent de l'académie de Montpellier. Appel est donc fait à vous tous pour obtenir des signatures de personnalités. Rappel : la FELCO s'est fixé l'objectif de 3000 signatures pour la fin mars. Merci à tous de bien vouloir relayer cette action. Pour ce faire, je me permets de vous réadresser le texte de la pétition en format HTML. Pour davantage de renseignements, vous pouvez écrire à cette adresse : verny.berlatier@wanadoo.fr Semaine du 31 janvier 2000 Article de J. M. Woehrling, paru dans Land und Sproch : Langue régionale : un bien commun. Extrait : On entend fréquemment l’opinion selon laquelle la langue régionale (alsacien et allemand) relèverait de la " sphère privée ", c'est dire qu'elle correspondrait à un choix personnel et qu'en conséquence son enseignement ou sa promotion serait une affaire individuelle qui ne devrait pas bénéficier d'un financement public. Il est nécessaire, pour ceux qui entendent, non pas de polémiquer mais de contribuer à la clarification du débat, de procéder à certaines distinction. Lire suite Semaine du 24 janvier 2000 Recrutement et formation des d'enseignants en langues minorisées : une priorité absolue pour l'avenir des filières bilingues. Allocution par Jean Dominique Robin, Président de l'union des enseignants de breton lors du 13e colloque de la FLAREP (1999) Renseignements sur la colloque "Enseigner la région", IUFM Montpellier 4-5 février 2000 3000 signatures sont arrivées à ce jour au siège de la FELCO, émanant essentiellement des académies occitanes du sud (Aix-Marseille, Bordeaux, Montpellier, Nice, Toulouse). Peu de retours pour l'instant des autres langues de France, si l'on excepte deux dizaines de signatures bretonnes, ni des académies de Paris, Limoges, Clermont Ferrand. SVP, relayez cet appel par vos contacts mail. Le texte de la pétition peut être demandé au siège de la FELCO, je peux également vous l'envoyer si vous m'en faites la demande. La FELCO a écrit au ministre pour lui donner le premier état des signatures. Plusieurs députés se sont exprimés à l'Assemblée Nationale ; il s'agit pour l'instant de députés du Languedoc, le CREO Montpellier les ayant tous contactés individuellement. Attention, il y a des problèmes de courrier dans l'Hérault. Si vous participez au colloque BODON (Toulouse faculté catholique 31, rue de la Fonderie, 29 janvier) ou au colloque "enseigner la région" (IUFM Montpellier 4-5 février), apportez vos pétitions qui seront collectées par des responsables FELCO. Rappel de l'objectif : plus de 10 000 signatures émanant de toutes les langues de France avant la fin mars ! Semaine du 17 janvier 2000 Discours de M. Céleste Lett lors du 13e colloque de la FLAREP (octobre 1999, Pays Basque) Compte-rendu de l’Assemblée Générale annuelle ordinaire d’Ikas-Bi et d’Ikas-Bi Parents d’Élèves Pays Basque, Saint-Jean-de-Luz, le 14 janvier 2000 Communiqué de Joan Jaume PROST, Président de l'A.P.A. "Les langues régionales doivent être reconnues a travers la charte" Informations importantes concernant la DICTADA OCCITANA Motion (format PDF) sur la place des langues régionales dans l’enseignement public et Pétition (format PDF) de la FELCO
MAISON DU NÉERLANDAIS CULTURE ET BILINGUISME ELTERN ALSACE IKAS-BI DIV YEZH APA APLEC AELCR ACCR APEPA OFFICE LC de la Réunion TIKOUTI ANVT AES OC-BI FELCOBASQUE
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FLAMAND
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